Je n’ai pas le coeur brisé. Il n’est pas en parfait état non plus. Disons que j’ai une bonne ecchymose.  Ça reste tout de même une expérience douloureuse, mais ça se guéri plus vite.

J’ai aussi de la peine. J’ai pleuré un peu jeudi au téléphone avec Genny. Un peu seule chez moi aussi par la suite. Vendredi, j’avais surtout les blues. Le découragement m’envahit. L’éternel questionnement: “Qu’est-ce qui cloche avec moi? Pourquoi je fais fuir les gars comme ça?”

Le sentiment aujourd’hui est différent. Jamais un gars n’avait été aussi délicat et franc avec moi pour me dire ce qu’il avait à me dire. Ça me rendait moins anxieuse de le revoir ce soir. Finalement, je sens une légère distance entre nous. C’est normale, mais c’est subtil. Rien pour créer un malaise. Juste assez pour me faire reconsiderer le fait d’être amis avec lui. On verra comment la situation évoluera. De toute façon, être amis, c’est ce que l’on propose pour compenser le reste. Souvent, l’intention n’y est pas.

L’effet que ce nouvel échec a est bizarre. Il y l’habituel découragement. Pourquoi, à maintenant 26 ans, je cumule 26 ans de célibat. Est-ce que mon corps est si laid que ça. Est-ce qu’il y a quelque chose d’horriblement achalant dans ma personnalité qui fait fuir la gente masculine? Est-ce que je fais finir mes jours célibataire? Ou bien, je fais finalement rencontrer quelqu’un mais j’aurais 70 ans et je serai la seule petite vieille du centre d’acceuil.

Il y aussi un nouveau sentiment: un mélange de fierté et d’un sentiment que je n’arrive pas à mettre en mots. De la fierté, car durant ces 4 ou 5 dernières semaines, j’ai fait preuve de plus de courage que jamais auparavant. J’ai osé me montrer forte: j’ai osé lui laisser comprendre qu’il m’intéressait et que j’aimerais apprendre à mieux le connaître. j’ai osé me rendre vulnérable: j’ai osé me mettre dans une situation où, oui il y avait possibilité de succès mais aussi où il y avait une plus grande possibilité d’échec. J’ai fait face une fois de plus à l’échec. Je n’en suis pas  morte. Je suis blessée mais comme on n’en meurre pas, je pourrais encore faire face à ce type de situation.

Je pourrais faire face à une situation de ce type. Pas trop souvent. Avec le besoin fondamental qu’un jour, il y ai un succès sur ma route. Je suis prête à prendre plus de risques. Pas trop, je ne peux renier qui je suis. Je ne peux renier mon lots d’expériences négatives. Je ne peux renier la peur qui restera toujours au fond de moi: la crainte de l’échec, la crainte de n’avoir jamais été aimée.

Mais comme on dit: ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort. Je peux dire aujourd’hui que je suis un peu plus forte.

Juste un peu.